Voilà un petit billet d'humeur spontanée... un peu grise, je vous préviens, comme ces soirées de fin septembre à la tombée du jour, où l'automne rode doucement en jaunissant les feuilles des arbres.

Surfant donc mollement sur Google Actualités, mon regard accroche un titre, je suis le lien et me retrouve à lire un petit article du Monde sur la mort du philososphe André Gorz et de sa femme.
Dans le flux et le flot des infos dont nous sommes abreuvés, les morts sont foison et quasi banales, alors qu'en y réfléchissant juste un tout petit peu c'est terrible la mort d'un être humain, un seul, même inconnu, et ça mérite plus que quelques lignes perdues. Enfin... ce qui m'a accrochée donc c'est le parcours de ce personnage et son romatisme absolu qui me fascine, un amour toujours jeune d'un homme de 84 ans pour sa femme de 83 ans, un amour absolu au sens premier, jusqu'au bout, jusqu'a mourir ensemble.

Peu importe au fond qui est André Gorz, ce qu'il a écrit de théories, ce sont ces quelques phrases lues sur Le Monde, qui m'émeuvent et que je retiendrai, extraites de son ultime livre "Lettre à D. Histoire d'un amour" :
"Tu viens juste d'avoir quatre-vingt-deux ans. (...) Tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment, je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide débordant que ne comble que ton corps serré contre le mien.""
Cette présence
, ajoutait-il, fut décisive dans la construction d'une oeuvre dont la visibilité ne porte qu'un nom alors qu'elle fut celle d'un couple, le fruit d'un long dialogue."

Voilà, certes ce n'est pas gai, je sais, mais c'est beau, je trouve, et je voulais vous faire partager cela.

Lien vers l'article du Monde